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La fin des haricots ?

A propos des récentes rumeurs sur Mandriva

dimanche 30 mai 2010, par Stéphane Téletchéa

L’annonce a fait l’effet d’une « bombe » sur le forum boursier [1], à la suite de la révélation d’un extrait de procès verbal du conseil d’administration : Mandriva risquerait de se retrouver en situtation de cessation de paiement, ne disposant plus de trésorerie pour payer ses employés.

Après quelques jours de rumeurs, de transposition de la nouvelle de blogs en blogs, Mandriva a publié un communiqué sur son propre blog indiquant que la situation était critique, que de nouveaux partenaires étaient envisagés (Linagora), mais qu’en fait, Mandriva dispose d’outils de plus en plus reconnus, et c’est à cause d’eux que des partenaires se présentent pour racheter l’entreprise [2]. À dire vrai, il est sûr que Mandriva a développé ces dernières années des produits qui répondent plus à l’approche « entreprise » que par le passé : Mandriva Directory Server [3], qui permet de gérer de façon centralisée les utilisateurs et leurs droits, Pulse 2 [4] qui permet de gérer un parc de machines à distance, quel que soit son OS. En s’appuyant sur une communauté qui a su répondre présent, la société a aussi continué à fournir une distribution « grand public » à la qualité et la stabilité qui n’ont rien à envier aux autres ténors du marché.

LA crise est passée par là (oui oui, LA crise, qui touche le monde entier en ce moment). Cela fait quelques années que Mandriva a du mal à transformer ses produits en euros, et la situation qui se produit actuellement s’est déjà produite par le passé avec OCCAM, millenium partners, etc. La société a jusque-là réussi à trouver les ressources pour continuer, et d’après les actuels dirigeants, cela n’est pas près de changer. Qui croire ? L’avenir nous le dira. Il est certain que le contexte actuel est très difficile du point de vue économique, à en juger par la situation d’un autre ténor du monde libre, openSUSE, dont la société mère est aussi l’objet de rumeurs de rachat [5]. Si l’achat et la vente de sociétés fait aussi partie de la vie d’une entreprise, il faut reconnaître que les derniers rachats en date, comme celui de Sun par Oracle [6] ont mis en danger une partie de la communauté du libre. Par exemple, le serveur de base de données MySQL (concurrent direct de Oracle, tout du moins au niveau des PME) est maintenant sous le contrôle d’Oracle, le projet opensolaris, qui visait à apporter une version « communautaire » de Solaris est enterré. Quid de l’avenir de Java ?

Comme dans le cadre des discussions entre Linagora et Mandriva, c’est une société de services qui a les moyens de prendre le contrôle d’un éditeur de solutions libres. Pour le moment les discussions sont en cours, que ce soit pour Novell ou pour Mandriva, et cela fait partie du « jeu » capitaliste. Ce qui est heureux dans cette histoire, c’est que la communauté autour de Mandriva a répondu présent pour fournir une nouvelle distribution très solide, Mandriva 2010 Spring. Il y a bien sûr eu une discussion parmi les contributeurs au sujet de la société, mais la force du libre est de disposer d’une communauté forte qui se mobilise pour fournir aux utilisateurs une collection de logiciels, la distribution, qui permet d’utiliser son ordinateur au mieux de ses possibilités. Le devenir de la société passe certainement par des partenariats élargis, sans nul doute que des réorganisations auront lieu sur les produits commerciaux, mais la distribution qui a fêté l’année dernière ses 10 ans d’existence a encore de beaux jours devant elle, vous pouvez profiter sans arrière pensée de la version délivrée dans les jours à venir [7], et apprécier le travail conjoint des employés de Mandriva et de la communauté.

Rendez-vous à l’automne pour la prochaine distribution, avec j’en suis sûr de très bonnes nouvelles pour la société !

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